Les caractéristiques
La vallée alluviale de la Loire accueille de nombreux milieux aquatiques : mares, marais, boires, étangs ou encore bras secondaires. Les végétations qui s’y développent prennent alors plusieurs formes, notamment selon les vitesses d’écoulement des eaux, les conditions trophiques du milieu, la qualité de l’eau ainsi que la dynamique du milieu aquatique.
Ces habitats jouent un rôle important au niveau écologique. Ce sont des réservoirs de nourriture ainsi que des lieux de repos et de reproduction pour la faune. Ils permettent l’émergence des amphibiens et des invertébrés grâce aux herbiers de végétation. Cette végétation participe en outre à l’épuration de l’eau et à leur réoxygénation.
Les communautés végétales forment communément des ceintures depuis le centre de la pièce d’eau jusqu’au niveau des rives exondables. Ce gradient écologique en lien avec la hauteur d’eau, la durée d’inondation s’observe par le recouvrement des différents types biologiques de plantes : hydrophytes, hélophytes, hygrophytes.
Les herbiers aquatiques
Les herbiers aquatiques sont composés de plantes aquatiques enracinées au sol (Renoncules aquatiques, Callitriches, Potamots…), ou non enracinées, qui flottent alors à la surface, comme les Lentilles d’eau. Lorsque le milieu est enrichi en élément nutritifs, les herbiers de lentilles et de nénuphars seront plus aptes à se développer.
Les végétations amphibies, quelques exemples
Some description text for this item
Les pelouses
Les pelouses amphibies sont des formations pionnières constituées d’herbacées annuelles. Ces pelouses se trouvent souvent en bords de cours d’eau, sur des grèves exondées, ou sur le bord des boires et mares. Une partie des végétations présentes sur les grèves sableuses sont des pelouses amphibies.
De tailles variables, les pelouses amphibies peuvent être très rases ou composées d’espèces plus hautes telles que la Rénouée Poivre d’eau, Persicaria hydropiper.
L’habitat « Eaux stagnantes, oligotrophes à mésotrophes avec végétation des Littorelletea uniflorae et/ou des Isoeto-Nanojuncetea‘ (3130) » est présent sur l’ensemble du site Natura 2000 « Vallée de la Loire entre Nantes et les Ponts-de-Cé » et est notamment présent sur 27 annexes et environ 101 hectares du site Natura 2000.
Les boires, subissant annuellement une exondation durant la période estivale à automnale, sont des lieux privilégiés pour observer la succession saisonnière des végétations aquatiques et amphibies.
Prairies flottantes et cressonnières
Retrouvées en bords de cours d’eau, ces végétations ne sont pas constituées d’une grande diversité d’espèces. On peut y retrouver l’Ache faux-cresson (Helosciadium inundatum), le Cresson des fontaines (Nasturtium officinale). Elles peuvent se développer sur de petites surfaces et sont régulièrement retrouvées sur les sols exondés de la Loire.
Lorsque les eaux sont plutôt stagnantes, la Glycérie flottante peut se développer et former des tapis très denses à la surface de l’eau.
La Biodiversité des habitats aquatiques
La flore protégée et patrimoniale
Some description text for this item
La Marsilée à quatre feuilles
Cette plante étonnante, ressemblant à un trèfle à quatre feuilles, est une fougère aquatique. A l’aide de longs rhizomes, elle s’enracine au fond de l’eau. Cette plante a des caractéristiques écologiques strictes.
Elle a besoin de sols nus et oligotrophes, et de lumière pour se développer. Elle apprécie les conditions hydrologiques saisonnières changeantes des boires.
Extrêmement menacée, Marsilea quadrifolia n’est plus retrouvée que dans quelques localisations en Pays de la Loire, bien qu’elle soit citée comme assez commune sur la vallée de la Loire au XIXe siècle. Elle est protégée sur le territoire national et d’intérêt communautaire au titre de la Directive Faune-Flore-Habitats.
Damasonium alisma ou l’étoile d’eau, se développe au sein des pelouses annuelles pionnières des berges vaseuses. Elle affectionne notamment les assèchements estivaux et les sols nus. Tout comme la Marsilée, l’étoile d’eau est présente sur très peu d’annexes et est protégée à l’échelle nationale.
La faune
Some description text for this item
Une multitude d’espèces côtoient les habitats aquatiques durant leur cycle de vie, dont de nombreuses espèces menacées et en conséquence protégées sur le territoire. Les bras et boires regroupent des habitats diversifiés, propices à la présence d’amphibiens, de libellules et nombreux autres insectes, ainsi que des oiseaux.
La Rainette verte, le Crapaud commun ou encore le Pélodyte ponctué fréquentent régulièrement les boires et bras secondaires de la Loire, lieux idéals pour qu’ils puissent effectuer une partie de leur cycle de vie. Les tritons sont également retrouvés dans les annexes de Loire, le palmé étant l’espèce la plus présente dans la vallée.
Les herbiers aquatiques sont indispensables à la reproduction des amphibiens, au développement des juvéniles et pour leur alimentation. Les boires les plus fréquentées par les amphibiens sont les petites boires déconnectées, non investies par les poissons…particulièrement friands des amphibiens !
Évolution des habitats aquatiques
Les habitats aquatiques tout comme de nombreux autres habitats, ont vu leur surface et qualité diminuer depuis quelques décennies.
Les aménagements du lit mineur comme majeur de la Loire, ont considérablement diminué la dynamique latérale du fleuve, et ainsi diminué la surface des habitats aquatiques. Certaines boires et bras étant en eau moins longtemps qu’auparavant laissent place aux végétations moins hygrophiles. Les projets de restauration des annexes fluviales ont justement pour objectif de favoriser la conservation du caractère humide et aquatique des bras et des boires, ce qui devrait profiter aux habitats aquatiques et espèces associées.
La dégradation de la qualité des eaux de Loire (eutrophisation) a aussi contribué à la régression des herbiers aquatiques, en particulier les végétations oligotrophes à mésotrophes, particulièrement sensibles.
Les espèces exotiques envahissantes n’ont pas épargné les habitats aquatiques, bien au contraire ! Les Jussies ou les Elodées, espèces bien connues des gestionnaires d’espaces naturels, ont colonisé un grand nombre de bras et de boires jusqu’à recouvrir des surfaces parfois importantes, au détriment des herbiers d’espèces indigènes, souvent sensibles à la concurrence.
Les Jussies ont été retrouvées dans un peu plus de 20 % des relevés botaniques fait dans le cadre de l’évaluation des travaux du CLA.
Parcourez Biodiv’Pays de la Loire, le Portail de visualisation des données faune et flore des Pays de la Loire.

